We are Fool, They are Foals (1/2) : Antidotes

Foals, un groupe qui, au-delà de la musique, se trouve être une véritable philosophie. La mienne du moins. Asseyez-vous et laissez-moi vous en parler.

Foals, c’est d’abord la rencontre de ses deux mentors dans la cour de récréation de l’école primaire à Oxford, Yannis Philippakis, chanteur, guitariste et gourou, et Jack Bevan, à la batterie et à la coiffure.

Nos deux amis devenus adolescents vont faire la découverte du math rock, un mouvement peu connu et assez peu représenté qui est né dans les années 1980 et qui propose des compositions rythmiques complexes, d’où son nom de rock “mathématique”, qui va alors les pousser à créer leur premier groupe, sobrement baptisé The Edmund Fitzgerald, en hommage au cargo américain qui a mystérieusement coulé sans donner signe de vie en 1975.

Ils vont alors produire, en compagnie de Lina Simon, autre membre du groupe, une musique “riffée” d’où l’on peut déjà voir surgir le génie que sera l’implacable machine Foals. Car c’est un peu à la manière de Radiohead, qu’ils affectionnent particulièrement, qu’ils vont évoluer par la suite, passant d’un rock presque “trash” et primaire à quelque chose de pensé et de construit, car Yannis et Jack sont avant tout des perfectionnistes.

Mais ce premier groupe éphémère va se séparer en 2005 sur un désaccord avec Lina concernant l’orientation de ce dernier, et  le duo Yannis-Jack va alors tenter de lancer un nouveau groupe. C’est ici qu’apparaissent de nouveaux musiciens : Jimmy Smith et Walter Gervers, tout deux guitaristes, ainsi qu’Edwin Congreave au synthétiseur, nouveauté par rapport au Edmund Fitzgerald.

Nous sommes alors en 2005 et Foals vient de naître.

Ils vont alors se chercher pendant près d’un an et poser les bases du groupe avec leur première chanson intitulée Try This on Your Piano.

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Vont alors sortir une série de singles tels que Hummer et Mathletics. Deux chansons déjà très affirmées et tout droit sorties d’une rave party, voire même d’une Skins Party, qui les met en scène notamment en les laissant chanter Hummer dans un épisode de la série sans tabou :

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Cela les amène donc à sortir leur premier album Antidotes en 2008, et c’est là que ma vie a basculé (je suis un fan inconditionnel, voire un vrai hooligan). Je ne sais toujours pas pourquoi ce jour de décembre j’ai acheté ce cd plutôt qu’un autre, totalement par hasard qui plus est. C’est la pochette qui m’a intrigué le plus. Ce visage d’adolescent aux traits fins, presque mélancolique, et les motifs découpés qui viennent fleurir dans sa bouche comme des mots. Oui, c’est certainement le graphisme qui m’a le plus intrigué à ce moment là. Puis je l’ai mis dans le poste…

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…et là ça m’a pété aux oreilles, ce saxophone presque sourd qui met longtemps à venir et qui vient taper crescendo comme une alarme, stoppée par la batterie de Bevan. Un temps. Puis la première note de guitare. Une. Un temps. Une autre. Un temps. Tout colle si bien. French Open, le nom du morceau, n’a jamais aussi bien porté son nom. Il m’a totalement ouvert de l’intérieur.  Un blast dans ma tête, un big one dans tout mon corps, une claque dans ma face. Un peu air sur la terre, air sur la, air sur la, air sur la terre, les Foals chantant ici en “franglais”.

Foals nous emmène par la suite du côté de l’Olympe, histoire de s’envoyer en l’air avec un morceau qui résonne et qui bourdonne avec volupté dans une tête à présent balayée de ses soucis, du reste du monde…if only we could move away, from here… dis-a-ppe-ar dis-a-ppe-ar  re-a-ppe-ar.

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Puis c’est le drame. Inquiétante machine Foals. Des soupapes qui soufflent et des guitares qui sifflent. Ils nous avaient emmené tellement haut dans les nuages que la chute est terrible. Les bombes s’écrasent au sol dans un fracas total. Le ton est donné. This is a warning shot, your final call, it’s just an other hospital, it’s just an other, nous dit Yannis, la voix éreintée. Le morceau Electric Bloom est véritablement un prémice noir et profond à ce qu’ils développeront par la suite, à savoir leur second album, dont je parlerai plus tard dans la deuxième partie de cet article,  et ce n’est pas pour rien si aujourd’hui encore ils continuent à le jouer, comme à l’été 2010 lors du Festival iTunes à Londres, deux mois après la sortie de Total Life Forever  (le second album donc, pour plus tard), leur meilleur live sur cette chanson :

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Foals nous fait passer du ciel à la terre en quelques minutes et, le voyage n’étant jamais terminé.

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Ils nous envolent vers les cieux dans des ballons. We fly balloons on this fuel called love, we fly balloons on this fuel called love… Les guitares papillonnent avec merveille et le tout semble prendre de la hauteur.

Le groupe nous apprend par la suite comment bouger sur leurs rythmes avec Two Steps, Twice, le morceau où les guitares ont certainement le plus la parole, les notes s’enchaînent avec vitesse et nous prennent dans un tourbillon où l’on sent monter l’envie de danser that’s one step one step two steps, that’s two steps two steps bikes

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Puis le bug survient.

Error404.

FatalERRORFoals.

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Le morceau Like Swimming, sans paroles et d’une durée de deux minutes, s’effrite dans les oreilles au bout des 30 dernières secondes, le son se salit et paraît de moins en moins audible jusqu’à gargouiller. Le lecteur CD a certainement un problème. Non. La trame du rythme continue de jouer même dans ce BUG. Like Swimming sert alors d’intro à Tron

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…et les Foals réitèrent leur besoin de tout quitter, comme dans Olympic Airways. Away, away, from this system there is, an other, a country,  a place we could go…AWAY AWAY AWAY AWAY. L’album se termine ainsi et laisse présager une suite terrible.

Les “Antidotes” de Foals ont fait effet, les placebos marketing des autres groupes paraissant du coup bien amoindris et futiles. Il suffisait finalement d’un peu de musique.

 

Nikola (Nicolas Badout)

This is a bad biopic. Né en 1992 à Lyon d'un père issu du Bâtiment et d'une mère artiste, le petit Nicolas suit un parcours en Arts Appliqués puis se dirige vers ce qui l'intéresse depuis petit, véritable synthèse de ses parents : l'Architecture. Il est désormais étudiant à l'Ecole Nationale Supérieure d'Architecture de Montpellier, amoureux d'art, de graphisme, de Foals et de quelqu'un.



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