
They look and sound like the band who are going to save rock.
NME, Mai 2001
En 2001, The Strokes créent le buzz en sortant leur premier album Is This It. Une attitude street, des riffs bien cadrés et des chants crunchy ; The Strokes rallumaient la flamme du garage rock en flirtant avec les sons de Television ou The Velvet Undeground. Un style funky, une voix rauque et un passé richement artistique. Julian Casablancas, leader et icône du groupe avec son air malicieux et son sourire trompeur en compagnie de Nick Valensi, Albert Hammod Jr., Nikolai Fraiture et Fabrizio Moretti (respectivement : guitaristes, bassiste et batteur du groupe) avait lancé la furie post punk des années 2000.
10 ans après, deux albums et une séparation plus tard, The Strokes mettent fin à l’attente de leurs fans et reviennent avec un quatrième album intitulé Angles.
Malgré le fait que le groupe se soit mis d’accord pour que les cinq membres participent à l’écriture des chansons, l’enregistrement s’est effectué dans une ambiance électrique, les poussant même à travailler chacun dans son studio.
Comme tout fan digne de ce nom, la première écoute de l’album devait se faire dans des conditions adéquates. Mère grinchante et ordinateur bruyant obligent, je monte au toit -coin hype de la nouvelle génération- muni de mon mp3 pour mettre fin à cette longue attente. Arrivé à destination, je mets ma musique à écouter, et m’abandonne à cette jouissance auditive sous un ciel bien étoilé.
Machu Picchu ouvre le bal, un son new wave puis un refrain rock accompagné de congas. Cette chanson nous rappelle Reptilia avec son solo de guitare post-refrain qu’ils auraient pu travailler. Le cocktail funk rock éléctrique est frais, un nouveau The Strokes maybe ?
The Strokes – Machu Picchu
Avec sa vivacité, Under Cover Of Darkness que mes sens avaient déjà essayé sonne bien. Une mélodie bien travaillée, un riff unique, la voix de Casablancas est d’autant plus exploitée. Les chœurs à la fin du titre sont signés Hammond Jr., premiers fruits du travail collectif.
Two Kinds Of Happiness, retour en arrière. La voix de Casablancas très nonchalante sur ce titre, a bit junkie, un The Cure joyeux et nouveau. Un refrain 80′s avec de la bonne gratte, surprenant.
A la crooner, The Strokes enchaînent avec You’re So Right. Sûrement la meilleure des combinaisons guitare-batterie de l’album sur un ton grave et intriguant, premiers frissons. On passe à Taken For A Fool, still at the 80′s, chanson influencée electro-pop. La voix de Casablancas impressionne toujours.
The Strokes – Taken For A Fool
Games, grande surprise, la basse de Fraiture est le principal vecteur de la mélodie, fusionnée à la batterie de Moretti. Games se divise en trois univers, traversés en musique. On retrouve un travail vocal prodigieux tantôt funky tantôt appuyé.
The Strokes – Games
Place à la balade rock, Call Me Back, duo à la guitare signé Valensi et Hammond Jr. ainsi qu’une absence de batterie. Une petite touche I’ll Try Anything Once qui ne surprend pas malgré le jeu de gratte subtil et relaxant. Suivi de Gratisfaction, new wave au menu, un refrain facile à apprécier. Très ingénieux de la part du quintet, une chanson béatifique digne de leur niveau.
The Strokes – Metabolism
Avant dernier titre, Metabolism, très garage. Peut-être Electricityscape revue au goût du jour. Rencontre noire d’une batterie oppressante et de guitares lourdes, sans brusquer. The Strokes n’ont pas perdu leur style grungy finalement.
Angles se termine sur un Life Is Simple In The Moonlight magique. Frustrant avec ce vent de solitude qui suit la basse et excitant avec les guitares qui viennent taquiner la voix de Julian, on se sent provoqué et comblé à la fois. Une chanson pleine de sensations, grandiose.
The Strokes – Life Is Simple On The Moonlight
Après avoir écouté tout l’album, on reste indécis. Angles laisse perplexe. Ses compositions cachent bien des bribes d’extase qu’il faut aller chercher. Il fallait réecouter l’album une deuxième puis une troisième fois pour être satisfait pour s’habituer à quatre ou cinq chansons dignes de la revival qui a fait la gloire du groupe. Bien qu’il ait été critiqué par les adorateurs du rock année 2000, Angles relate une séparation et un nouveau mot d’ordre pour The Strokes.
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