
Il y a ces artistes qui ont toujours eu le talent de faire du buzz, de faire attendre leurs fans impatiemment, collés à leur écran, attendant qu’un moindre titre filtre ou qu’une piste soit en téléchargement. Radiohead fait partie de ces artistes, ayant plus d’une fois créé l’événement, comme c’était le cas pour In Rainbows, il y a quelques années de cela. Si ce dernier était spectaculaire et brillant, on se demande vraiment si toute cette attente en valait la peine pour son successeur, fraichement sorti. Retour sur The King of Limbs, l’album qui annonce le retour de la troupe à Thom Yorke.
L’album commence sur Bloom, et le premier reflexe que j’ai eu était de me demander si je n’avais pas téléchargé un sample qui se répète en boucle. Un matraquage cacophonique qui dérange avant que la voix de Thom Yorke s’invite dans ce triste brouhaha pour nous confirmer que non, c’est bel et bien la piste d’ouverture de l’album. Cela me laisse sceptique pour la suite, mais qui a dit qu’il fallait se décourager par une première chanson ?
Morning Mr Magpie commence, le son qui est toujours aussi répétitif et dérangeant se laisse rejoindre, à un moment, par la voix mélancolique du chanteur, la voix est agréable, j’apprécie le texte, mais je me demande si Thom Yorke ne nous fait pas un free style sur une musique pré-existante, qui, malheureusement, ne concorde pas avec sa voix. Quelques OUUUUUH ponctuent la chanson, puis reprend le son répétitif tout d’un coup. 3 minutes 30 vraiment longues. J’attends patiemment, mon casque cloué sur les oreilles.
Quand Little by Little commence, on sourit. La première chanson de l’album où il y a un brin de musicalité ! C’est doux ! Des accords de guitare s’enchainent, c’est presque agréable ! J’en ai les larmes aux yeux ! On se laisse emporter par la voix de Thom Yorke et on se dit, que malgré tout, on peut lui pardonner ces deux chansons marquant le début de l’album, suite à ce que le peu de pistes restantes en vaille la peine. Mystère.
Feral est une piste sur laquelle la voix du vocaliste trébuche, gémit vaguement, murmure, agonise. Le tout sur un fond sonore qui ne peut être que la version désordonnée de Weird Fishes/Arpeggi, excellente piste de leur album précédent. Feral sonne comme une fin, la fin des pistes fâdes et peu convaincantes de l’album ? En tout cas je l’espère.
Lotus Flower vient marquer le début de la deuxième moitié de l’album, chanson agréable où Thom Yorke pousse la chansonette, toujours aussi mélancolique, on a envie de danser tristement, se laisser emporter par sa voix qui embaume l’air d’angoisse. Ce titre qui ne manque pas de poésie est illustré par un clip, où Thom Yorke, à mi-chemin entre un mec trippant sous LSD et un épileptique incontrolable, fait le fou, fait le con. WTF diront certains.
Codex est pour moi LA piste de l’album. L’une des rares malheureusement. Un prélude d’une minute de piano nous accueille, nous met à l’aise, nous console même de ce décevant album tant attendu. Vient après la voix du chanteur, nous bercer, cela nous rappelle Videotape mais dans une version plus travaillée. Le chant est léger mais fait son effet, les notes de piano s’enchainent, belle euphorie. A ce moment, nous n’avons plus envie d’écouter le reste de l’album, on a peur d’être encore déçu, on remet donc en boucle cette chanson, par pure précaution.
Au début de Give Up The Ghost, on est étonné pendant une fraction de seconde. On trouve ce murmure en arrière-son agréable, Thom Yorke s’invite sur cette ballade articulée autour de simples accrords de guitare et de gémissements incompréhensibles. Mais voilà, à une piste de la fin de l’album, nous ne pouvons que nous résigner : la monotonie et la répétition sont indéniablement le concept autour duquel est construit cet album. Malheureux.
Une dernière piste, un dernier espoir. Separator, cette piste qui va faire la séparation entre ces 37 minutes de déception et le reste de la journée qui ne peut être que plus agréable. Sincèrement, je n’ai même plus envie de l’écouter. J’abandonne.


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