Lcassetta.com, Webzine Musical Marocain

Chroniques

Matthias Zimmermann – Isla Dub

Matthias Zimmermann est allemand. Matthias Zimmermann a 28 ans. Son premier EP Isla Dub est hébergé sur l’un des labels house les plus en vue de la scène européenne. Pourtant, Matthias Zimmermann n’a aucune relation, ni passé musical. Caprice du label Sound Pellegrino ou enfant miracle de l’Electro-House moderne ?

Difficile de pouvoir développer la biographie d’un artiste qui n’avait rien à voir avec l’histoire de la musique : Matthias Zimmermann partait de rien. Il n’a aucun lien de parenté ni d’amitié avec des producteurs ou musiciens connus, n’a à son actif aucune production si ce n’est quelques demos isolées, n’a pas de compte sur les réseaux sociaux ni sur Soundcloud… Ironique, puisque Zimmermann est en passe d’écrire l’histoire de la musique électronique.

C’est à la seule force des compétences de Zimmermann que l’EP Isla Dub vient à nous, grâce à l’envoi de 4 pistes sur la Dropbox du label Sound Pellegrino. Et si c’est sa première sortie effective, l’homme n’est pas un débutant : des détails comme jamais, un style varié, une efficacité redoutable, bref, sa maturité musicale est déjà accomplie. Et non, ce n’est pas un alias d’un producteur déjà existant ! Préparez-vous à découvrir de nouveaux instruments, un champ musical entre orchestre et électro, et ressentir de nouvelles émotions.

Sound Pellegrino présente Matthias Zimmermann : Luther

Le concept de l’EP est de découvrir une île et ses habitants qui sont autant de pistes musicales : Fez, Karl, Luther et Olga.

Fez entame le bal avec des beats sourds et une vibe ensoleillée. On entend des oiseaux, une basse aiguë, on imagine déjà les palmiers et l’ondulation de la mer. L’île paradisiaque se rapproche, la chaleur nous recouvre, et c’est l’explosion estivale : un clapotis dans l’eau, du steel-drum à qui mieux mieux, une touche acide pour rajouter du peps… Fez est à mi-chemin entre un Super Mario Sunshine, un Sonic à la belle époque et un tube de l’été pop un peu kitsch, avec des détails incroyables pour une première piste à nous déprimer du temps pourri. Et les instrus travaillés et détaillés, c’est ce que Zimmermann va nous offrir tout le long de cet EP.

Karl rompt avec l’île de rêve. C’est la piste la plus sombre, la plus techno de l’EP, peut-être la plus conventionnelle. Encore une fois le steel-drum (ou est-ce un piano ?) s’invite sur des accords frénétiques et sombres, marqués par un rythme toujours aussi sourd. Ambiance nocturne, musique mystique, Karl est un peu la version 2011 du fameux Veridis Quo de Daft Punk. La vibe prend le dessus, le rythme 4/4 s’affirme, suffisant pour la rendre jouable sans risque en début de soirée, pour faire voyager le club dans l’espace… musical.

Dans ce déluge de sons nouveaux, c’est Luther qui remporte la palme. Il renoue avec l’exotisme de Fez, ses oiseaux, ses beats et drums, mais dans un climat moins réjouissant. D’abord construite autour d’arpeggios d’un orgue, le calme tombe soudainement. Tournant total : la piste reprend avec un florilège de percussions, des plus sourdes aux plus rapides. Puis c’est le délire mental : une grosse tempête de percussions et instruments en tout genre, le plus joli bordel le mieux organisé du monde. On n’en ressort pas indemne. Pas étonnant que Luther ait été choisi pour faire la promotion de l’EP, ce morceau ne ressemble à rien de ce que vous avez pu déjà écouter.

Olga conclut dans une ambiance printanière, avec toujours ces percus démentielles, un pad et un synthé réconfortants, des bruits d’étoile filante… Une grosse bouffée d’espoir et de joie, idéale pour clôturer un set. Et cet EP, l’un des meilleurs de 2011.

Image de prévisualisation YouTube

Cet EP surprenant sublime un travail d’orfèvre. A lui seul, Zimmermann incarne tous les (4 ?) membres d’un groupe à mi-chemin entre un orchestre dans une forêt tropicale et une bande psychédélique de producteurs électros.

La qualité symphonique est exceptionnelle dans un milieu électro dépendant de ses appareils classiques aux sonorités inévitablement redondantes. Isla Dub nous sort la tête du bain et nous la cogne contre le mur, à coup de percus imparables et d’envolées instrumentales endiablées. Un EP royal en club et dans de bons écouteurs.

Zimmermann n’a pas fini de faire parler de lui. Son remix pour le groupe electro pop Citizens sortira prochainement pour l’écurie Kitsuné, en plus d’un prochain EP, Martin, à paraître ce mois-ci sur Discobelle, suivi d’un autre qui bénéficiera d’une sortie physique. Retenez bien son nom : Matthias Zimmermann.

Aurelien (Aurelien Bleriot)

Aurélien Blériot, étudiant en communication tombé dans la marmite internet à 10 ans, futur rédacteur web, futur parisien, j’ai découvert la musique électro dans une pochette surprise il y a un an. Féru d’actualité, de journalisme et de belles lettres, la politique et l’économie générale me passionnent. Autrement, je joue aux cartes, fais du vélo, vais de temps en temps au cinéma… et dans des bars cool.



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>