Kiss Each Other Clean, une petite symphonie Folk

Cela fait 4 ans que notre barbu au style rustique n’avait plus donné de ses nouvelles. 4 ans que je me délecte de son excellent The Shepherd’s Dog qui a désormais son successeur. L’album en question répond au doux nom de Kiss Each Other Clean.

J’étais un peu perplexe à l’annonce du nouvel album de Iron & Wine, j’avais peur d’être déçu tellement j’étais conquis par son prédécesseur, j’hésitais même à l’écouter ! Je finis par céder à la curiosité de le découvrir et fis défiler cette poignée de nouvelles pistes méticuleusement réalisées par Samuel Beam et son équipe. Pour résumer, je ne fus pas déçu.

Ce qui m’a frappé lors de la première écoute de cet album, c’est qu’il s’éloigne du cliché folk guitare-voix qui devient vite pénible. Ici, Iron & Wine joint à sa voix de doux accords de guitare, mais aussi du saxophone, du xylophone, des percussions et des choeurs chaleureux qui lui donnent un ton jazzy très agréable. Un véritable orchestre qui distingue cet album des autres albums du genre.

Autre bon point pour cet album : Kiss Each Other Clean n’est pas monotone comme c’est le cas pour l’album précedent du chanteur, chaque piste nous surprend et ramène son lot d’émotions. Certaines chansons sont bien mélancoliques, d’autres nous font volontiers danser. Il reste néanmoins un lien directeur qui connecte l’ensemble des chansons, ces choeurs chaleureux que l’on retrouve quasiment tout au long de l’album, tantôt discrets, tantôt grandioses et cette ambiance 70′s très nostalgique qui ne peut que ravir les fans de cette époque.

L’album débute avec Walking Far From Home, début d’un voyage qui va nous mener loin, très loin de nos préoccupations. le concept est déclaré, Kiss Each Other Clean est un voyage, Kiss Each Other Clean est une ballade en forêt sous un soleil qui se couche. Une quiétude et un bonheur béat qui se laissent facilement pénétrer par une légère angoisse et une mélancolie presque agréable.

Les titres s’enchaînent alors, entre un Lazarus mélodieux et jazzy avec des saxophones embaumant l’atmosphère d’un air chaleureux et un Big Burned Hand sur lequel on ferait la fête avec plaisir, en passant par Tree By The River, nostalgique, lumineux, où on apercevrait presque les derniers rayons de soleil pénétrer à travers les feuillages denses autour d’une clairière.

L’album s’achève sur Your Fake name is Good Enough for me, une chanson de 7 minutes, entêtante, colérique, qui nous met dans une transe légère. Fin d’une petite symphonie.

Si Kiss Each Other Clean n’est pas addictif dès ses premières écoutes, ça vaut clairement le coup de l’écouter encore et encore, parce qu’une fois qu’on commence à l’apprécier, il nous colle vraiment à la peau. Je peux facilement dire que c’est l’un des meilleurs albums de ce début d’année. A déguster au choix avec une cigarette devant un coucher de soleil, ou un gâteau fait par grand-maman en début d’après-midi.

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Youssef Roudaby (Youssef Roudaby)

Étudiant architecte. Avide de découvertes musicales et littéraires. Cinéphile passionné. Rédacteur en chef de Lcassetta.com



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