“Everybody Lies”
Il est acteur, scénariste, réalisateur, compositeur, musicien, producteur de cinéma, écrivain et chanteur. Je vous présente Hugh Laurie, notre docteur préféré fait parler de lui, il nous présente Let Them Talk, un album qui reprend les standards Jazz, Blues et Folk.
On connait tous Dr House, ce monsieur anticonformiste, cynique et misanthrope avec un sens de l’humour très décalé. Vers la fin de certains épisodes, on pouvait l’apercevoir jouant de la guitare ou laissant ses doigts cavaler sur son piano qu’il aime tant. C’était un peu trop réaliste, on devait se douter de quelque chose.
Donc voilà, l’album ne contient aucune composition originale. Il s’agit de reprises de disques mythiques sortis pendant les années 1920, 1930 et 1940. Et rien de mieux pour découvrir cet album que de faire un petit voyage et plonger dans l’univers jazzy de l’album.
On entre dans un bar perdu au fin fond de la Nouvelle-Orléans, la fumée épaisse et bleuâtre flotte dans l’air. La lumière rouge tamisée cache des choses, en révèle d’autres et un petit air de piano nous berce. Une mélodie sobre, fine mais avec un coté gai qui se laisse subtilement découvrir. On reconnaît la chanson, c’est St James Infirmary de Louis Amstrong puis Laurie se met à chanter. Sa voix assez grave suit parfaitement la montée progressive de la chanson ainsi que l’entrée finement orchestrée des cuivres. Puis il sort sa guitare, il gratte un peu et le rythme monte, On sort de l’univers sobre et on sent l’âme du Blues qui se joint a nous. C’est You Don’t Know My Mind de Leadbelly. Sur fond d’une chorale qui redonne la pêche. Ça enchaîne avec encore une fois une mélodie Folk sous le nom de Six Cold Feet, de Leroy Carr. Il reprend place devant son piano and the jazzy side of the Laurie refait surface sur la chanson Buddy Bolden’s Blues de Jelly Roll Morton. Retour sur du bon Blues et Folk avec Battle of Jericho, qui fut chantée par les esclaves afro-américains au 19e siècle et que notre cher Hugh a su revisiter magnifiquement. On se laisse transporter ensuite par After You’ve Gone de Bessie Smith et Fats Waller. Juste apès, tout le monde se lève, rejoint la piste de danse .. et ça bouge sur Swanee River. Le début en piano-voix langoureux qui dérive soudainement sur un air de swing infernal.
The Whale Has Swallowed Me, l’ambiance se calme de nouveau et la voix de Laurie domine sur un fond de guitare. Encore du Blues, cette fois ci avec John Henry pour enchaîner avec Police Dog Blues de Blind Blake. Après, on se fait plaisir avec Tipitina. Une bonne mélodie, un bon swing, un bon feeling.
Le Dr House prend le temps de nous faire découvrir Winin’ Boy Blues de Jelly Roll Morton, une balade sereine et d’une parfaite simplicité. Mais quand on choisit la compagnie de Laurie, on doit être prêt a tout moment puisqu’il enchaîne avec They’re Red Hot où on n’a même pas le temps de respirer un coup. La fin du concert approche, il invite cependant Tom Jones et Irma Thomas pour Baby Please Make a Change des Mississipi Sheiks. Pour finir en beauté avec Let Them Talk.
Finalement ce concert était merveilleux, mais seulement pour ceux qui savent aimer et goûter la musique Jazz et Blues. Sinon le voyage risque de s’avérer assez amer. Cependant l’album aurait été mieux si on pouvait toucher du Hugh Laurie, son génie. Et non pas la simple interprétation qu’il a pu faire.
TweetTime doesn’t change anythings, doing things changes everythings



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