La moitié de Gnarls Barkley et de Broken Bells vient de signer une nouvelle collaboration. Rome est le résultat lyrique d’un travail de Danger Mouse avec le compositeur italien Daniele Luppi. Sorti à peine hier, Rome s’annonce comme l’un des albums les plus marquants de la première moitié de cette année. Chronique.
Nos deux acolytes se sont rendus à Rome et ont tenu à recréer des méthodes d’enregistrement utilisés dans les années 60 afin de rendre l’un des plus beaux hommages aux soundtrack de vieux films italiens. Pari réussi.
Rome ne s’est pas fait en un jour, il a pris 5 ans pour venir au monde, est un anachronisme musical, à une époque où l’électronique est omniprésente dans toute réalisation musicale, cet album se détache des normes, les défie même en offrant des sons organiques de base, chargés d’une poésie et d’un lyrisme contrastant parfois avec la froideur des sons proposés.
Jack White et Norah Jones posent leurs voix sur la plupart des chansons, agrémentées de choeurs fantomatiques et de claviers old-school. Rome est avant tout un soundtrack qui nous invite à sa première écoute à créer un film dans nos têtes, un film que l’on a oublié de tourner et qui ne tardera pas à s’imposer à nous, à se façonner dans nos têtes à l’écoute de ce disque.
L’album est agrémenté de trois interludes, légères et agréables, qui nous invitent à faire une pause lors de l’écoute de l’album afin de se délecter de chaque piste individuellement, sans ressentir cet enchainement immédiat s’imposer à nous, tout en introduisant des pistes phares de ce disque, comme la première chanson où Norah Jones pose sa voix, Season’s Trees, son nostalgique et langoureux ou encore le magnifique Roman Blue, où le violon est maitre.
On ne pourra certainement pas passer à côté de The Rose with the Broken Neck et Two Against One, chansons sur lesquelles vient se poser la voix de Jack White qui a le génie de transmettre une émotion forte et communiquante grace à sa voix qui nous a longtemps fasciné lors de ses prouesses vocales au sein des White Stripes.
S’il est un hommage à la musique de films italiens, les inspirations de cet album n’en restent pas moins éclectiques. Il nous arrive, en l’écoutant, de ressentir des touches propores à Gainsbourg ou encore de remarquer des sons qui nous plongent dans une ambiance de westerns.
Si Rome peut être facilement cité parmi les disques les plus remarquables sur lesquels Danger Mouse a travaillé, reconnu par sa qualité de composition, on pourra néanmoins lui reprocher la facilité de l’exercice. Le son est bon mais ne percute pas, il se laisse agréablement écouter sans pour autant surprendre. Rome, s’il est un bon album, c’est aussi 15 pistes qui manifestent une répétitivité non dissimulée, et c’est là tout le hic de l’album.
Pour finir, l’album est en écoute intégrale en streaming. N’hésitez pas à cliquer sur play pour vous faire une opinion.
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