Ma première chronique portera sur ma première fois où j’ai coupé le son en jouant. Sur le coup, je n’avais pas réalisé le sens de ce geste, mais ensuite, quand je me suis mise à mettre plein volume la radio pour progresser dans un certain horror survival nommé Silent Hill, je me suis rendue compte qu’il y’avait quelque chose qui clochait.
Peut-être parce que je suis jeune, jolie, intelligente et riche.
Ou peut-être parce que je venais de développer une crainte auditive… Plus besoin d’envoyer des images à la cervelle ou de se trouver dans une allée sombre au milieu de la nuit. Il suffit de lancer du Akira Yamaoka pour ressentir au meilleur, une mélancolie qui présage, et au pire, une angoisse sans étiquette discernable.
Comme c’est le premier article, je vais être assez gentille envers les non-gamers qui prennent les musiques de jeux vidéos pour de la bouse pour des raisons aussi diverses qu’inconnues ou connues. Donc, si vous avez des reproches à faire, je serais toute *gngn..* ouïe et disposée à expliquer. Mais je vous demanderais d’abord de faire un effort et d’écouter les bijoux acoustiques du bonhomme.
Akira Yamaoka est un autodidacte qui ne savait ni lire ni écrire une partition, c’est à 19 ans qu’il aspire à une carrière musicale. Celle-ci débute en 1993 avec son entrée chez Konami. Après avoir travaillé sur plusieurs jeux, c’est en 1999 qu’il se fait réellement connaître avec la sortie de Silent Hill sur Playstation.
En 2001, la sortie de Silent Hill 2 lui donne l’occasion de s’exprimer à nouveau et de dévoiler ses talents. Outre l’histoire ou l’ambiance du jeu, c’est surtout la musique qui hantera le joueur et marquera ceux et celles qui ont côtoyé les séries SH. des merveilles comme Theme Of Laura ou Promise révèleront le talent d’Akira Yamaoka et restent les titres cultes de la série. Akira est un perfectionniste qui ira jusqu’à enregistrer les bruits de pas différents (une centaine!) pour rendre l’acoustique plus crédible et plus proche du joueur, ceci sans compter les borborygmes du corps qu’on retrouve subtilement glissés parmi les notes, ou les plaintes sourdes qui finissent par donner un timbre glauque palpable à la musique. Le savant mélange du classique et du rock fera aussi fureur (Promise qui contient un morceau de la balade de Swan Lake de Tchaïkovsky) et on ne saura le labéliser que plus tard, en lui associant plusieurs genres à la fois, à savoir le Rock & Roll dans son ancienne tradition, le metal, l’ambient, le tout savamment mélangé avec une pincette de classique.

En 2003, la sortie de Silent Hill 3 lui permet d’obtenir un grade plus élevé. En effet, il devient producteur et peut ainsi, influencer sur la création des Silent Hill, comme le scénario. Sa musique suit le mouvement et devient plus subtile et raffinée tout en usant des sons rock. Je vous conseillerai notamment I Want Love qui capture à merveille à elle toute seule l’essence du jeu.
Sa musique est également présente dans l’adaptation cinématographique de Silent Hill. C’est un bonheur que d’écouter le générique de fin d’ailleurs. Le fond de la musique qui comporte de faibles cris et pleurs achève de conquérir n’importe qui par ce souci des détails et des effets qui renforce des sons déjà terrifiants.
En janvier 2006, Akira Yamaoka sort son premier album solo Ifuturelist, album très varié puisqu’on y retrouve des titres assez classiques mais aussi des morceaux plus rock et électroniques. Bien qu’il ait eu beaucoup de succès à produire des compositions qui figent le sang, l’illustre artiste arrive à se défaire élégamment du timbre essentiel de son travail dans cet album et montre une fois de plus sa science des mélanges et du détails dans un contexte qui ne flanque pas la frousse.
Pour découvrir l’œuvre d’Akira, je vous propose deux de ses morceaux cultes. Et si par hasard vous accrochez, tentez les jeux (je sais, c’est un blog de découvertes musicales pas de promo de séries PS): vous vivrez pleinement alors l’expérience Akira.


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