“Ah oui et sur Lcassetta, on a personne pour parler de Punk”. Des paroles qui m’ont profondément blessé ! Mais qui m’ont surtout donné du courage pour écrire un article sur Fugazi, un groupe qui me tient vraiment à cœur !
Parler de Fugazi c’est aussi parler des vestiges d’une scène Punk Hardcore de Washington D.C ultra prolifique qui a vu naître une multitude de groupes dont la plupart n’ont pas survécu à l’avènement de l’an 2000, un peu comme Fugazi. Oui, le groupe n’est pas mort, mais il est en coma depuis longtemps. Trop longtemps.
Ian Mackaye, figure emblématique du Punk Hardcore, ancien Minor Threat, initiateur du mouvement sXe, mais aussi un des fondateurs de l’emocore (avec Embrace), genre un peu mal aimé, parce qu’écoute du Punk qui parle d’amour, ce n’est pas trop dans le mœurs. Ian Mackaye dit souvent “We were just trying to make the music that we wanted to make. We weren’t thinking we were going to start a scene.”, et la plupart du temps, il réfute toutes les attributions qu’on lui colle, mais, entre nous, former un groupe en 1987 avec quelqu’un comme Guy Picciotto, c’est un peu chercher à créer une musique exceptionnelle, c’est un peu chercher à innover dans ce Punk où les groupes ont tendance à trop se ressembler.
Guy Picciotto, lui, représente l’image du mec qui appartient à la scène Punk, mais qui s’en détache toujours avec quelque chose en plus. En moins de 5 ans, il a fondé Rites of Spring, groupe mythique de l’emocore, il a aussi été avec One Last Wish qui n’ont sorti qu’un album posthume, 13ans après leur séparation, et enfin Happy Go Licky, un groupe dont la durée de vie ne dépasse même pas 1 an. Le point commun entre ces trois formations c’est l’innovation, sortir des sentiers battus. A nos deux héros viennent s’ajouter Brendan Canty (ancien Rites of Spring) à la batterie, Joe Lally à la basse, deux mecs de la même scène Punk Hardcore de Washington, c’est ainsi qu’est né Fugazi, nom en référence à l’acronyme utilisé par les GI, durant la guerre du Viêt Nam, lorsqu’ils se trouvaient dans une très mauvaise situation — littéralement : « Fucked Up, Got Ambushed, Zipped In ». source
Le groupe signe quelques temps après leur formation avec Dischords Record, label dont Ian MacKaye est le fondateur et où ils sortiront tous leurs disques. Fugazi reste un des rares groupe à avoir acquis une certaine notoriété, même auprès des gens qui n’écoutent pas spécialement du Punk, sans avoir signé chez un major et tout en restent fidèle à leurs idées. Le groupe est très connu pour ses concerts plutôt que pour les disques qu’ils ont sorti, des concerts dont le prix ne dépasse généralement pas les 10 dollars, alors que des artistes aujourd’hui osent faire payer des sommes astronomiques, tout en vendent des produits dérivés à tout va (Bad Brains en tête).
Musicalement, Fugazi est sûrement un des meilleurs groupes de Punk qui ait existé. Leur premier album, 13 Songs, (compilation de maxis) sorti en 1989 est un vrai monument. Le magazine Spin le classe 34e des “100 meilleurs albums 1985-2005″. Ce génie musical est, je crois, dû à l’expérience accumulée par les deux grands visages du groupe, à savoir MacKaye et Picciotto.
Les trois premiers album du groupe (Repeater, Steady Diet of Nothing et In on the Killer Taker) sont souvent considérés comme les plus proches musicalement parlant du Punk, le groupe a ensuite tenté des expérimentations qui selon les avis sont, plus ou moins, réussies. Personnellement, je trouve leurs trois premiers albums tout simplement cultes, mais ce serait presque du blasphème de dire que les trois autres sortis en 1995, 1998 et 2001 sont mauvais, je garde néanmoins une préférence pour 13 Songs, leur toute première compilation !
Depuis 2002 ,Fugazi est en sommeil, le groupe n’est pas mort, mais pas vraiment vivant, juste mis de côté. Les quatre membres évoquent une envie de s’occuper de projets plus personnels, Ian MacKaye a formé un groupe avec sa compagne, The Evans. Même si leur groupe n’est pas mauvais, on aimerait tellement revoir ce génie refaire ce qu’il faisait depuis 20ans, c’est à dire du Punk, du vrai, celui des petites salles bourrées de gens, de la sueur partout, de l’énergie, mais aussi ce Punk, signe d’un attachement sans faille à une idéologie qui n’a aucun égal dans le Rock. Le Punk est, comme diraient certains, la dernière bonne chose à être arrivée au Rock. Depuis plus rien, néant. Les autres membres du groupe ont, soit lancé des projets solo comme Joe Lally (qui a même travaillé avec John Frusciante sur Ataxia), ou bien travaillent avec d’autres artistes dans la production. En attendent on réécoute la discographie du groupe et on se dit, c’était mieux avant.

De g. à d. Brendan Canty, Guy Picciotto, Ian MacKaye et Joe Lally
P.S. : Le groupe prépare un site web où tous leurs live seront disponibles en téléchargement source, il y a aussi un docu du nom de Instrument, filmé par Jem Cohen entre 1987 et 1998, qui montre un peu les coulisses du groupe.
TweetI am a patient boy
I wait, I wait, I wait, I wait
My time is like water down a drain
Everybody’s moving,
Everything is moving
Please don’t leave me to remain
In the waiting room
I don’t want the news
I’m not a part of it
I don’t want the news
I have no use for it
Sitting outside of town
Everybody’s always down
Because… they can’t get up
But I don’t sit idly by
I’m planning a big surprise
I’m gonna fight for what I want to be
I won’t make the same mistakes
Because I know how much time that wastes
Function is the key
In the waiting room

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